Sélectionner une page

Moins d’une semaine après les élections européennes, le Rassemblement national audois revient sur la première place obtenue. Et avance sa stratégie pour les municipales de 2020.

 

« Nous redevenons le premier parti de France, et nous le sommes également en Occitanie et dans l’Aude, où nous étendons notre assise. » En une phrase, Christophe Barthès, responsable audois du Rassemblement national, et Julien Rancoule, à la tête de Génération nation (ex-FNJ), résumaient ce samedi matin 1er juin la satisfaction tirée des élections européennes. Moins d’une semaine après le scrutin, les deux responsables frontistes y voient à l’échelle audoise la preuve « d’un ancrage sur des terres socialistes depuis des décennies ».

 

Et répètent que c’est bien leur parti le grand gagnant du vote du 26 mai, Julien Rancoule éclairant sa thèse de plusieurs chiffres : « La République en Marche perd trois points par rapport au 1er tour de l’élection présidentielle (20,87 % pour E. Macron en 2017 dans l’Aude, 16,96 % pour la liste conduite par Nathalie Loiseau, Ndlr), quand nous en gagnons trois (28,26 % pour Marine Le Pen, 31,24 % pour la liste conduite par Jordan Bardella, Ndlr). On se demande si quelqu’un a dit à Mme Loiseau et aux cadres de LREM qu’ils ont perdu les élections. Mme Régnier (responsable LREM dans l’Aude) se trompe quand elle dit qu’ils consolident leur électorat. »

 

« Le barrage républicain ne fonctionnera plus »

 

Autre constat chiffré, celui de la chute des Républicains. Avec, pour Christophe Barthès, la certitude « que leurs électeurs ont entendu l’appel au rassemblement de Marine Le Pen ».De quoi mener le RN à afficher sa « stratégie d’ouverture pour les échéances à venir, et notamment les municipales ». Si le parti d’extrême-droite présentera bien des listes étiquetées RN « à Carcassonne, Narbonne, Limoux, Lézignan, Trèbes, Leucate », c’est « dans le plus de villes possibles », qu’il veut engager des candidats : « Avec ou sans l’étiquette, en intégrant d’autres listes », précise Christophe Barthès.

 

Une stratégie variable autorisant des alliances, donc, même si Julien Rancoule réaffirme des « principes de fermeté, de refus des migrants ». Mais pour les deux responsables audois du RN, leur parti serait en mesure d’éviter les systématiques défaites subies lors des seconds tours des précédents scrutins audois, alors que l’extrême-droite était arrivée en tête au 1er tour : « D’abord parce que nos scores de départ sont de plus en plus élevés. Ensuite parce que Les Républicains commencent à comprendre qu’il faut s’allier si on veut battre le PS. LR ne peut plus rien faire tout seul. » Une invitation déjà lancée, alors que Julien Rancoule affiche sa certitude : « Le barrage républicain ne fonctionnera plus. »

Source : L’Indépendant